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Sécurité des entreprises. Les drones automatiques à la conquête du ciel


Publié le 13 mars 2019 11:56:49


Depuis quelques mois, manœuvrer un drone – quel qu’il soit – requiert des compétences techniques validées par un certificat théorique de télépilote, délivré par la DGAC et d’une attestation de suivi de formation effectuée dans un centre agréé.

Azur Drones a annoncé avoir reçu en février, une des premières autorisations de la DGAC, pour un système de drone opérant de façon complètement automatisée, sous la simple supervision d’un téléopérateur formé sur Skeyetech par Azur Drones. La formation simplifiée d’Azur Drones diffère du certificat professionnel de télépilote, obligatoire depuis le 18 mai 2018, pour opérer les autres drones du marché. En effet, cette formation permet de maîtriser en quelques heures le déclenchement de missions de levées de doute ou de rondes préprogrammés ainsi que de gérer les situations d’urgence. En revanche, elle n’autorise pas à modifier les trajectoires programmées.

« Nous sommes très fiers de l’obtention de cette homologation qui récompense dix-huit mois de travail en étroite collaboration avec les services de la DGAC. Notre système a dû répondre aux exigences de l’aviation civile en matière de sécurité, de fiabilité et de qualité, exigences forcément très élevées compte tenu de son caractère totalement automatisé », explique Stéphane Morelli, directeur général d’Azur Drones. « Azur Drones ouvre des marchés aujourd’hui freinés par la complexité du déploiement des drones standards. Contrairement aux solutions télépilotées, nos drones sont très simples à utiliser, disponibles 24 h/24, précis et fiables », précise Jean-Marc

Crépin, président d’Azur Drones. Toutefois, les sites sur lesquels devront opérer les drones, sont toujours soumis à autorisation de la DGAC.

Drone Protect System, le précurseur

À cette occasion, Philippe Gabet, directeur général de Drone Protect System a rappelé qu’il exploitait depuis plus d’un an déjà, un drone automatique sur un site sensible des Landes. « Nous avons été précurseur dans le domaine des drones automatiques. Nous sommes à l’origine de la technologie de surveillance par drone automatisé et nous détenons un brevet depuis mai 2017. Nous avons reçu une première autorisation particulière d’exploitation de la DGAC pour un site client en décembre 2017. Ces drones sont également sous la supervision d’un agent de sécurité que nous avons formé suivant un programme élaboré par la DGAC. Les autorisations annuelles sont en cours de renouvellement, et nous sommes en train de dupliquer le système sur d’autres sites. »

Drone Volt, le challenger

Avec son tout nouvel Air Shadow, Drone Volt vient rejoindre le club très fermé des fabricants de drones automatiques. Ce nouveau mini-drone professionnel entend se faire une place sur le marché des missions de surveillance, de reconnaissance d’inspection et de recherche. Programmable pour des missions automatiques, ce drone compact et résistant peut voler avec une faible signature visuelle et sonore jusqu’à 90 km/h de jour comme de nuit. L’Airshadow se décline en deux versions avec une portée allant jusqu’à 5 km. La transmission des données homme/ machine en temps réel est sécurisée.

« L’Airshadow est une réelle innovation, garantissant grâce à son système d’encryptage, la confidentialité des données. Il est extrêmement robuste grâce à sa nouvelle structure. De plus, il a été conçu pour se déplacer à grande vitesse en toute discrétion. Ce nouveau drone répond à de fortes attentes du marché tout particulièrement aux États-Unis », précise Olivier Gualdoni, PDG de Drone Volt.

> 3 questions à Nicolas Marcou, directeur des programmes drones, DGAC

  • En quoi l’homologation accordée par la DGAC à Azur Drones est-elle unique ?

Pour être précis, la DGAC a validé le principe du système du drone autonome Skeyetech d’Azur Drones. Soit, le vol automatique sur un site privé sur la base de trajectoires définies en fonction de la configuration et des installations du site, et supervisé par un « téléopérateur » ayant reçu la formation adéquate. Cette validation ne dispense pas d’une autorisation systématique de la DGAC pour chaque site, celle-ci devant s’assurer de la conformité de la demande pour le site visé, notamment par rapport aux trajets du drone, à l’implantation du site aux zones dans lesquelles le drone évolue et à la hauteur de survol. Toutefois, cette validation globale du système Skeyetech est une première et devrait faciliter le déploiement de drones automatiques pour des missions de sécurité sur des sites sensibles.

  • Quelle est la particularité de la formation des téléopérateurs dans ce cadre ?

Il s’agit d’une formation de télépilote « allégée » qu’Azur Drones peut délivrer, sur la base d’un plan de formation théorique et pratique que nous avons accrédité, et qui ne nécessite pas l’obtention du certificat de télépilote professionnel. Le téléopérateur est toujours en capacité de commander le retour du drone, de le faire atterrir ou de déclencher une descente d’urgence avec un parachute. Il ne peut en aucun cas modifier la trajectoire programmée.

  • Aujourd’hui, hors zones militaires, y a-t-il des drones automatiques en fonction ?

En 2018, Drone Protect System a obtenu une autorisation spécifique d’exploitation en vol automatique sur un site industriel dans le Sud-Ouest. Cette autorisation est en cours de renouvellement. Il y a peu d’acteurs sur le marché mais d‘autres demandes sont aujourd’hui à l’étude et devraient prochainement aboutir.

 

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