FIPD : l’heure du bilan
Depuis 2007, le Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPD) aide les collectivités à financer la vidéoprotection : caméras, centres de supervision urbaine et raccordements aux forces de l’ordre. Selon un rapport du Sénat, l’objectif initial semble largement atteint : les grandes villes et une grande partie des villes moyennes sont désormais équipées.
Entre 2019 et 2023, 3 320 projets ont bénéficié de 70,32 millions d’euros de crédits de paiement, soit 21 182 euros en moyenne par projet. Les crédits dédiés à la vidéoprotection sont passés de 12,99 millions d’euros en 2019 à 21,96 millions en 2026, soit +69,08 %. Mais cette dynamique s’essouffle : 32 millions d’euros avaient été votés pour 2025, contre 22 millions en 2026.
Les écarts territoriaux restent importants. Toutes les communes des Hauts-de-Seine et de Seine-Saint-Denis sont équipées, contre 95,7 % dans le Val-de-Marne. Dans les Hautes-Alpes, seules 14 % des communes le sont, et 8 % en Aveyron. Elles représentent toutefois respectivement 54,5 % et 47 % de la population départementale.
Cette baisse intervient alors que la LOPMI de 2023 prévoit de tripler les crédits de cofinancement entre 2023 et 2027. En 2025, les crédits votés étaient déjà inférieurs de 27 % à cette trajectoire, et les crédits consommés de près de 49 %. En 2026, l’écart atteint 60 %.
Pour la rapporteure spéciale Florence Blatrix Contat, cette contrainte budgétaire impose de clarifier le rôle du FIPD. Les collectivités restent les principales financeuses et peuvent mobiliser d’autres dotations de l’État. Le risque est donc celui d’un « saupoudrage » des crédits, au détriment des projets les plus utiles.
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